Roulette russe au Provence
- Pierre Nino
- 1 mai 2019
- 4 min de lecture
J'y étais déjà venu il y a quelques années. En explorateur des lieux de perdition de la capitale. J'y suis retourné pour La17elettre. Le sauna club Le Provence, dans la rue du même nom dans le 9e arrondissement est l'un de clubs libertins les moins chers de Paris pour les hommes seuls : 40 euros. Qui dit mieux quand au Moon city vous payez 148 euros pour entrer.

Le Provence n'a pas pignon sur rue si ce n'est son nom posé sur un interphone à l'entrée d'un immeuble tout ce qu'il y a de plus classique. Au 1er étage, une porte verte sur laquelle est apposée une plaque dorée un peu comme chez le dentiste. "Entrez sans sonner" est inscrit. Ici, dans cet appartement transformé, pas de souci de tenue correcte exigée. C'est un sauna et tout le monde a vocation à terminer à poil, juste recouvert par une serviette nouée à la taille.
En plein après-midi, c'est un peu le loto. La matinée a été réservée aux couples et les hommes seuls n'ont pu arriver qu'à partir de 15 heures. Ce mardi, il y a deux couples. L'un avec une femme, ronde, blonde, tatouage sur l'épaule. L'autre, assez âgé, dame grande. Elle porte une alliance. Pas son compagnon de jeu.
Elle range ses lunettes de vue dans un petit sac en plastique qu'ils trimballent, elle se mouche
Je trouve ces derniers dans le sauna. Ils discutent d'articles parus dans le Figaro. Le sauna, ça donne chaud, ça donne soif. "Je vais boire un verre", dit-elle. Je les retrouve quelques minutes plus tard dans une pièce ouverte à tous. Il y a une télé qui diffuse un porno. L'homme, Michel, ne sait pas comment se mettre : "Tu vas sur la marche du dessus" lui intime-t-elle. Elle range ses lunettes de vue dans un petit sac en plastique qu'ils trimballent, elle se mouche dans une serviette en papier normalement utilisée pour nettoyer les glands, puis elle commence son oeuvre devant Michel. Autrement dit, elle le suce. Je les regarde. Pour le moment, je suis seul avec eux. Michel me fait un petit signe de la tête pour dire "ok".

Je lui caresse les fesses, tente de trouver l'entrée de sa chatte. Son entre jambe est comme creusée. Je trouve, elle mouille. J'introduis un doigt, sa main descend pour chercher ma bite. Je bande bien. Elle me branle alors qu'elle suce Michel. Je me mets alors en quête d'une capote. Elles sont stockées sur le comptoir du bar. Je cours, demi-molle à peine cachée par ma serviette. Je reviens. Il y a un invité supplémentaire. Elle reprend la branlette, suce Michel. Il en peux plus et jouit dans sa bouche. Elle le taquine : "Bah dis donc". Elle se met alors à me sucer. L'autre invité à déjà enfilé sa capote et la baise en même temps. Elle reste debout. Quatre ou cinq coups de reins, il ressort. Le réservoir du préservatif est plein.
J'ouvre ma capote et la descends le long de ma verge. Elle m'indique la poubelle pour l'emballage. Elle s'allonge et je la pénètre. Elle se pince les lèvres. Me demande d'aller doucement. 'Tu as une grosse bite", dit-elle. Je ne sais pas si c'est un compliment ou un reproche. Tantôt elle gémit de plaisir, tantôt elle a l'air de souffrir. "On va tenter une autre position, propose-t-elle. Ce n'est pas que bon". Elle se met debout, dos à moi. La remarque m'a un peu coupé. Je la baise, elle me dit "vas-y", mais je ramollis. Des blacks nous ont rejoints. Je m'assois. Elle me suce à nouveau et branle une queue black un peu plus grosse que la mienne. Je rebande. Mais elle s'arrête. "On y va Michel", lance-t-elle.
Le jeu consiste à les suivre, à devancer leurs envies et à essayer de se trouver là où ça va déraper
Je reprends alors les allers et retours entre le hammam, le sauna, le salon aux banquettes rouges. Il y a un tigre en peluche. La radio diffuse de la musique classique et la télé des clips sur Cstar. Deux autres couples sont arrivés. L'un avec une femme ronde. Elle a un très beau visage. Avec son homme, ils parlent russe. L'autre avec une femme qui arbore des couettes. Son visage ne m'est pas inconnu. Son mec est black. Lui a une alliance. Pas elle. Le jeu consiste à les suivre, à devancer leurs envies et à essayer de se trouver là où ça va déraper.

Notre éjaculateur précoce a repris des forces et dans le sauna s'astique à côté du couple mixte. Il bande bien. Les Russes finissent dans un coin câlin fermant à clé mais avec avec des petites fenêtres pour mâter et deux gloryholes. Ce qu'ils n'avaient visiblement pas anticipé laissant la lumière allumée. Ils commencent à se caresser. Nous aussi. Il aperçoit plusieurs queues. Il n'a pas l'air enchanté et ça se voit. Il éteint la lumière. Punis!
J'ai passé deux heures et le bilan est mitigé. Par le passé, je me souviens avoir passé du très bon temps ici. Mais c'est un peu le principe des clubs en pleine journée : c'est la roulette russe.
Pierre Nino
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